SaaS, et le monde est plus vert

adeyrieux23/03/2009 | Le pilotage par André Deyrieux | Aucun commentaire

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On sait aujourd’hui que les technologies de l’information ne sont pas forcément vertes. Les serveurs et les datacenters consomment beaucoup d’énergie. Les postes de travail et les terminaux, vite obsolètes, ne sont guère recyclables.

Si côté hardware, le Green IT commence à imposer des règles nouvelles, le monde du logiciel, du software, ne se sent pas encore tout à fait concerné par l’éco-responsabilité : il est vrai que le logiciel n’a pas d’externalités comme le hardware. Pourtant, il y a des logiciels qui consomment moins de ressources et donc d’électricité. Il y a des logiciels qui induisent des comportements plus éco-responsables.

Les logiciels en mode SaaS* (Software as a Service) présentent un bilan carbone tout à fait positif :
- côté matériel, équipement, infrastructure
- côté logiciel
- côté usages

Côté matériel, équipement, infrastructure

Les terminaux d’accès

L’ordinateur c’est le web, dira-t-on de plus en plus (le World Wide Computer pour Nicholas Carr). Pour accéder aux logiciels en SaaS* – qui sont “en ligne”, hébergés sur le net – il suffit de postes simples équipés d’un simple navigateur.

Chaque utilisateur a le choix de conserver son ordinateur, même vieux, et de prolonger sa durée de vie. Plus de renouvellement de machines toujours plus rapidement obsolètes, jamais assez “puissantes”, toujours plus impactantes pour l’environnement.

On peut aussi opter pour des matériels mutualisés (dans les cybercafés), peu coûteux (comme les ultraportables), des postes en clients légers (consommant 13,6 watts heure au lieu de 77,1 watts heure pour un PC), ou ajouter au geste écologique en s’équipant de PC plus verts, par exemple sous label EPEAT (Electronic Product Environmental Assessment Tool).

Les serveurs et les datacenters

Les logiciels étant hébergés sur des plates-formes externes et mutualisées, l’entreprise elle-même n’a pas à investir en serveur interne. Centralisation, virtualisation et mutualisation sont les maîtres mots de cette nouvelle manière d’utiliser les datacenters. Ce système est comparable au covoiturage : ici ce sont plusieurs entreprises qui se partagent un même serveur d’où moins d’équipement et moins d’énergie.

Ces datacenters sont évidemment gérés par des sociétés spécialisées, à la recherche de la haute performance mais aussi soucieuses aujourd’hui de sécurité, d’économie de stockage, d’économie d’énergie… Elles surveillent donc de près l’indicateur DCIE (data center intrastructure efficiency), établit par le Green Grid, qui mesure leur efficacité énergétique. Leur efficience énergétique est supérieure à celles d’entreprises dont l’infrastructure informatique (sauvegardes, climatisations, diagnostic des flux thermiques…) est loin d’être le cœur de métier et pour lesquelles l’éco-responsabilité est un enjeu inatteignable.

Autre point important, les études prouvent que les serveurs “tournent” en permanence mais ne sont utilisés qu’à environ 5%. Ce qui signifie que cent serveurs éparpillés dans quelques dizaines d’entreprise peuvent être mutualisés dans un data center de 5 serveurs. Économie certaine…

Avec des utilisateurs dans le monde entier, les serveurs sont accédés depuis n’importe quel lieu de la planète, 24h/24. Les infrastructures ne fonctionnent donc jamais « pour rien ».

Enfin, la sécurisation même des datacenters permet l’économie de sinistres, toujours dommageables pour l’environnement…

Côté logiciel

Délivré par internet, le logiciel en mode SaaS n’a pas besoin de packaging, ni de supports (CD ou DVD), à multiplier par des centaines ou des milliers d’utilisateurs. Il en est de même pour ses mises à jour. De plus, sa documentation n’est pas imprimée, mais accessible en ligne dans le contexte même de l’utilisation du logiciel.

Selon certains chercheurs, l’écriture même (le développement) des codes des logiciels en mode SaaS est plus économe en énergie. Accessibles sur le web, ils doivent en effet être plus légers, plus “agiles” donc moins gourmands en utilisation des processeurs.

Enfin, l’architecture des logiciels en mode SaaS permet d’éviter des redondances ; ainsi, une seule copie d’un fichier attaché est conservée sur un serveur de courrier, ce qui économise les ressources nécessaires au stockage.

Côté usages

Le SaaS entraîne un changement des usages et des pratiques bénéfique pour l’environnement. Il aide les utilisateurs à améliorer leur bilan carbone.

Dématérialisation

Le SaaS aide à dématérialiser nos manières de travailler en remplaçant des activités et des produits physiques à forte empreinte carbone par leurs équivalents verts. Concrètement, il incite les entreprises à évoluer vers un environnement éliminant le papier. Les process “papier” se transforment en work-flows électroniques automatisés; plus de démultiplication des documents papier, plus de photocopies. Plus d’archivages ni de stockage avec leurs coûts d’énergie et d’espace au sol associés. Combien d’énergie consacrons-nous à chauffer placards, bibliothèques, archives ?

La centralisation des documents rend inutile leur impression, leur reproduction… Pourquoi imprimer puisque l’utilisateur accède à ses informations sécurisées n’importe quand et depuis n’importe quel lieu, et transmet ses documents numérisés à l’ensemble de ses correspondants ou partenaires…

Les logiciels de dématérialisation et de sécurisation permettent même l’envoi de lettres recommandées sans papier !

Travail à distance

L’accès par internet à des environnements de travail complets permet aux membres d’une même entreprise, à des clients et fournisseurs, de se réunir, de partager de l’information, de se former, de travailler à distance, depuis chez eux, leur bureau ou leur domicile. Réunions ponctuelles, ou télétravail régulier, ces nouvelles technologies permettent de réduire voyages d’affaires et déplacements domicile-lieu de travail, fortement consommateurs d’énergie.

Les logiciels en mode SaaS étant accessibles par le net, l’impact vertueux sur les usages de travail est mondial. Impact d’autant plus grand que le secteur des logiciels en mode SaaS est crédité par les experts de la plus forte croissance dans les prochaines années. Entre aujourd’hui et 2011, le CA généré par le SaaS va doubler !

* SaaS – Software as a Service : technologie consistant à fournir des applications et services logiciels par l’intermédiaire d’internet. Les utilisateurs ne possèdent pas le logiciel mais l’utilisent. Les principales applications concernent la gestion de la relation client, les ressources humaines, le travail collaboratif (vidéo-conférence, mails…)

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